Les plaisanciers tirent un coup de semonce

Portées par un fort vent, les fumées forment vite un épais brouillard. Derrière cet écran, des fusées à bout de bras, les plaisanciers entendent se faire remarquer. ports Action conjointe des associations d'usagers, hier matin, sur les quais de Saint-Mandrier et de la Darse nord de Toulon. Tous réclament une concertation

« Aujourd'hui, nous organisons une action conjointe avec toutes les associations d'usagers de la rade. Mais si rien n'est fait, nous irons plus loin. » Le message des plaisanciers, relayé par Pierre Messager du collectif des usagers de la darse nord de Toulon, est clair. Hier matin dans la darse nord de Toulon et dans le port de Saint-Mandrier, tous parlaient d'une même voix pour avertir une dernière fois le conseil général et la chambre de commerce et d'industrie.

Changer d'horizon

Au-delà du gel des augmentations, ils réclament d'être « réunis autour d'une table. On nous l'a promis. On nous parle de concertation, il n'y en a pas. Le Comité local des usagers doit, légalement, être réuni chaque année ; en 2007, toujours pas. »

Les témoignages affluent. Beaucoup sont consternés de l'état des douches. « Nous, on s'en moque un peu. Mais celui qui passe ! Le Breton qui fait le tour de la Méditerranée ou l'étranger en escale ! Vous imaginez l'image de la Ville ? Ça fait dix ans qu'ils doivent les réparer », commente Jean-Charles Girod, président du comité de défense des plaisanciers de la rade de Toulon. Quant aux sanitaires des femmes, cette usagère préfère en rire. Un autre est catégorique : « Je dis à mes amis de ne plus venir à Toulon. Alors que nous avons la plus belle rade d'Europe? »

Des bateaux et des hommes

Ça et là point même l'abattement. Ils sont nombreux à envisager de vendre. « Il y a eu quatre bateaux vendus en 2 ans. On ne peut plus suivre. Soit on entretient, soit on paie pour le port. »

Des rumeurs se font persistantes : « On le sait qu'ils ont utilisé l'argent pour payer les travaux de l'aéroport? »

Un ras-le-bol général, car au-delà des tarifs « du simple au triple dans le même port, il y a l'humain », rappelle Pierre Messager. « Ici, dans la darse nord, nous avons un homme de 80 ans. Il fait naviguer les gens depuis 30 ans. Il a formé de nombreux jeunes. Aujourd'hui, il ne peut plus payer. Comme son bateau est trop vieux, il ne peut pas le vendre. Il me demande s'il doit le mettre au milieu du port et le faire brûler ! »

Retrouvez dans notre édition Var-matin Toulon, l'ensemble du dossier concernant les ports

R. S.
Var Matin

 

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